Et si la meilleure eau pour votre jardin venait tout simplement du ciel ?

À première vue, l’eau de pluie et l’eau du robinet semblent semblables. Pourtant, leur composition chimique est bien différente.

L’eau de pluie est en général peu minéralisée et naturellement légèrement acide. Son pH se situe souvent entre 5 et 6,5, car le CO₂ présent dans l’air se dissout dans les gouttes et forme une faible quantité d’acide carbonique.

Cette acidité n’est pas nécessairement un inconvénient : dans certains sols, elle peut faciliter l’accès des plantes à plusieurs nutriments. Toutefois, le pH idéal dépend de l’espèce cultivée et du type de sol, dont le pouvoir tampon limite fortement l’effet du pH de l’eau d’arrosage.

L’eau de pluie contient aussi de faibles quantités d’azote atmosphérique, notamment sous forme de nitrates et d’ammonium. Pendant les orages, l’énergie des éclairs transforme une partie de l’azote et de l’oxygène de l’air en oxydes d’azote, qui peuvent ensuite former des nitrates.

Cet azote est assimilable par les plantes, mais les apports de la pluie restent limités au regard des besoins d’un jardin.

Autre différence importante : l’eau de pluie ne contient pas de désinfectant résiduel ajouté par le réseau d’eau potable.

L’eau du robinet peut, elle, contenir du chlore libre ou des chloramines, utilisés pour limiter le développement de microorganismes pathogènes. À forte dose, ces substances peuvent affecter certains microorganismes du sol. Il serait toutefois exagéré de dire que l’eau du robinet « détruit » la vie microbienne du jardin : dans le sol, le chlore réagit vite avec la matière organique et les minéraux, et son effet dépend surtout des concentrations et des conditions locales.

Faut-il laisser reposer l’eau 24 heures ? Cela peut diminuer le chlore libre, mais pas forcément les chloramines, qui sont plus stables.

L’eau de pluie est-elle donc meilleure ?

Pas toujours.

Elle a souvent l’avantage d’être douce, peu minéralisée et sans désinfectant résiduel, ce qui en fait une très bonne eau d’arrosage. Mais l’eau du robinet apporte aussi du calcium et du magnésium, parfois utiles aux plantes, et une eau légèrement calcaire n’est pas forcément gênante au jardin.

Il faut aussi rappeler que l’eau de pluie récupérée n’est pas chimiquement pure : en ruisselant sur un toit, elle peut entraîner poussières, microorganismes, métaux ou autres contaminants.

Récupérer l’eau de pluie reste néanmoins une excellente pratique : elle permet d’économiser l’eau potable et fournit le plus souvent une eau très adaptée à l’arrosage.

La nature met déjà à notre disposition une eau d’irrigation gratuite. Il suffit parfois de placer un récipient au bon endroit.


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