Et si les tontes de pelouse, les feuilles mortes et les tailles de haies étaient en fait une véritable richesse pour votre jardin ? Souvent déposés en déchetterie, ces « déchets verts » sont pourtant une ressource gratuite, écologique et abondante.

Les « déchets verts » regroupent tous les résidus végétaux issus de la croissance des plantes et de l’entretien du jardin. Pourtant, cette appellation reste inexacte. D’une part, ces matières ne sont pas toujours vertes : les feuilles mortes ou les branches taillées, par exemple, sont brunes. D’autre part, elles ne constituent pas vraiment des déchets au sens écologique ou juridique, puisqu’elles peuvent être réemployées, recyclées ou valorisées. Il est même possible d’en réduire la quantité dès l’entretien du jardin, notamment grâce à la tonte mulching.

Ces résidus végétaux ne sont pas des rebuts : ce sont des ressources précieuses. Gratuits, renouvelables, écologiques et disponibles sur place, ils nourrissent le sol, facilitent l’entretien du jardin et permettent de faire de vraies économies.
Pourtant, beaucoup de jardiniers les jettent encore, simplement parce qu’ils ne connaissent pas les solutions faciles pour les recycler sur place. Conséquence : plus de 50 %, et parfois jusqu’à 60 %, des apports en déchetterie sont constitués de déchets verts, dont le traitement coûte de plus en plus cher aux collectivités… et donc à tous.
En s’en privant, les jardiniers perdent un paillage efficace, un compost utile et des solutions naturelles pour nourrir le sol, protéger les plantes, encourager la biodiversité utile et réduire l’achat d’engrais comme de traitements. C’est une ressource gaspillée… deux fois.
Ce gaspillage se paie aussi en temps. Sans ces matières organiques, il faut désherber davantage, arroser plus souvent, préparer le sol avec plus d’efforts, subir plus de pertes et récolter moins… bref, travailler plus pour obtenir moins.
Recycler les déchets végétaux au jardin, c’est donc gagner du temps autant que de l’énergie. Dans mon cas, 30 minutes suffisent pour préparer ces matières pour le paillage, et ce simple geste m’épargne ensuite près de cinq heures d’entretien, avec un travail bien moins pénible.

Le meilleur usage des déchets végétaux, c’est le paillage : on les étale sur le sol, bruts ou simplement broyés à la tondeuse. Ce compostage de surface est à la fois plus simple, plus rapide et plus efficace que le compostage en tas ou en composteur pour nourrir le sol, tout en apportant tous les autres atouts du paillage.
Le compostage n’est pourtant ni la solution la plus simple, ni la plus pertinente dans bien des cas. Il convient mal aux déchets très humides et fermentescibles, comme les tontes de pelouse, ainsi qu’aux déchets secs et très ligneux, comme les branches, les tailles de thuyas ou d’autres résineux. Il exige plus de temps, plus de manipulations et, s’il est mal conduit, il peut générer des nuisances et polluer l’air (composés azotés, méthane…). En revanche, les déchets végétaux assez rigides gardent toute leur utilité dans un compost domestique : utilisés comme matières structurantes, ils équilibrent les déchets de cuisine trop humides, évitent leur tassement et améliorent l’aération.

Le paillage recyclé ne se contente pas de couvrir le sol : il le fait vivre. Il nourrit les bactéries, les champignons et les vers de terre, dont l’activité renforce la fertilité physique et chimique du sol, tout en freinant les herbes indésirables et le dessèchement.
Au contact direct de la terre, cette matière organique se décompose et, avec les composés transitoires qu’elle libère, s’unit aux éléments minéraux pour former un sol grumeleux, souple et poreux. Résultat : l’eau et les éléments nutritifs sont mieux retenus, le sol devient plus fertile, plus facile à travailler et les racines s’y développent mieux.
Mais tous les déchets végétaux n’ont pas la même valeur : certains améliorent nettement davantage la fertilité du sol, surtout au potager.

Le jardin produit des ressources végétales toute l’année. Les tontes de pelouse affluent surtout au printemps, puis reviennent à l’automne. Les feuilles mortes s’accumulent de la fin de l’été au début de l’hiver. Restes de culture, fleurs annuelles, vivaces et rosiers défleuris s’ajoutent du printemps à l’automne. Les haies persistantes fournissent aussi beaucoup de rameaux en mai-juin puis en octobre-novembre, tandis que les arbustes d’ornement, taillés après leur floraison puis en fin d’hiver, complètent cette ressource continue.
Plus un jardin est diversifié, plus il produit de matières végétales, et plus celles-ci sont variées. Beaucoup de jardiniers croient d’abord qu’ils n’arriveront jamais à tout utiliser. En réalité, dès qu’ils commencent à les recycler, surtout en paillage, ils découvrent vite que ces ressources ne sont jamais de trop.



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